La vengeance de Voldemort
Il était près de deux heures du matin, quand les trois amis aperçurent, au cœur de la forêt qu’ils survolaient, se dresser les façades sinistres du manoir. Des nuages noirs s’amoncelaient dans le ciel. Mais les façades noires du bâtiment contrastaient avec le bleu gris du ciel.
Harry dirigea l’hippogriffe de telle façon qu’ils atterrirent à la lisière de la forêt, face à l’entrée de la propriété.
“- Buck ! Attends-nous là ! ordonna Harry à
l’hippogriffe, avant de partir avec ses deux amis, vers l’inquiétante
propriété.
- Ca a l’air
désert ! remarqua Ron. Harry, tu es sûr que...!
- Oui ! Je suis
sûr que c’est ici !” trancha Harry, la baguette à la main.
D’épais nuages masquaient le ciel. Les trois garçons
étaient plongés dans l’obscurité.
“Lumos !”
chuchota Harry.
Aussitôt, sa baguette s’alluma. Ron et Laurent
l’imitèrent et bientôt, trois faisceaux lumineux éclairèrent la barrière qui
encadrait le “jardin” de la propriété. Les trois adolescents passèrent par une
ouverture dans la clôture et pénétrèrent dans les hautes herbes du terrain.
Devant eux, la façade obscure du manoir ne laissait voir aucune ouverture,
excepté la porte d’entrée qui leurs faisait face. Les fenêtres étaient
condamnées par des planches. La porte d’entrée était, bien évidemment fermée,
mais cet obstacle ne leur posa aucun problème.
“Alohomora !” lança Harry.
La porte
s’ouvrit dans un déclic. Les trois adolescents pénétrèrent dans l’entrée, en
refermant la porte derrière eux. Leurs baguettes éclairèrent alors un vieux
lustre en cristal qui pendait au plafond, un escalier de marbre grossier. Des
lettres rouges avaient été taguées sur un des murs. Le bruit de leurs pas sur
le sol dallé troublait le silence environnant. Le bâtiment était désert.
“- Il n’y a rien ici ! chuchota Ron. Partons !
- Attends, j’ai
une idée ! Vous croyez que Fumseck est avec les prisonniers ? se renseigna
Laurent.
- Pourquoi
demandes-tu ça ? voulut savoir Harry.
- Tu va voir !”
Sur ce, il porta les doigts à sa bouche et siffla deux
coups brefs qui résonnèrent dans la pièce déserte.
“- Qu’est-ce qui te prend ? s’irrita Ron. Si un...
- Chut ! Ecoutez
!”
Harry et Ron, interloqués, entendirent alors, une sorte
de “réponse”, une note plaintive que Harry connaissait bien.
“- Fumseck ? Laurent, comment savais-tu que Fumseck
répondrai au sifflet ?
- Ca serait trop
long à t’expliquer, Harry ! répondit Laurent. Ca venait de l’étage, on y va ?
- D’accord ! On
te suit !” lancèrent, en chœur, Ron et Harry.
Tous trois montèrent donc l’escalier de marbre, jusqu’à
l’étage.
“Laurent ! Resiffle !” lança Harry.
Le chant du Phénix était, cette fois, plus proche, plus
distinct et venait d’une des pièce qui se trouvait sur leur gauche. Il
s’élancèrent donc tous les trois dans cette direction et s’arrêtèrent devant
une autre porte.
Après un moment d’hésitation, Harry poussa la porte qui
s’ouvrit lentement, dans un grincement. Les trois adolescents découvrirent
alors, à la lueur de leurs baguettes, Fumseck, enfermé dans une petite cage,
sur une table, ses yeux noirs, brillants dans la pénombre, posés sur eux. La
pièce était, comme tout le reste, déserte. Les trois garçons se précipitèrent
vers la cage, qui était verrouillée.
“Alohomora !” murmura, à nouveau, Harry.
Dans un déclic, le verrou céda, libérant ainsi le phénix
qui vint se poser sur la table.
“- Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? se renseigna
Ron.
- Vous pensez que
Fumseck pourrai retrouver les autres ? suggéra Harry.
- En tout cas, il
devrait être capable de retrouver Dumbledore !”
Fumseck, comme s’il avait tout compris, quitta la table
et voleta au dessus des trois garçons, comme pour les inciter à le suivre.
Suivant le phénix, les trois adolescents regagnèrent
l’entrée. Tous trois échangèrent un regard perplexe.
“- Il doit se tromper ! marmonna Ron. Il n’y a rien par
ici !
- Il semble sûr
de lui, en tout cas !” remarqua Harry, alors que Fumseck les faisait contourner
l’escalier.
Fumseck s’arrêta alors devant le mur qui leur faisait
face.
“- C’est ce que je disait ! Fumseck s’est planté !
remarqua Ron. Il n’y a rien ici.
- Attends, c’est
pas dit !
- Mais ce mur est
désespérément comme les autres ! s’impatienta Ron. Il n’y a aucun mystère !”
ajouta-t-il en s’appuyant contre le mur. Rien ! Rieeeennnn !!!
- Ron !” s’écria
Harry, au moment où, le mur sur lequel s’était appuyé Ron avait pivoté,
entraînant Ron avec lui et qui s’étala sur le sol.
“- Tiens ! Et ce mur était comme les autres, hein ? se
moqua Harry, en aidant son ami à se relever.
- Bon, je me suis
trompé ! Et alors ? rétorqua Ron.
- Eh, si au lieu de
bavarder, on continuait ! intervint alors Laurent. Si on ne veut pas se faire
semer par Fumseck, on aurait intérêt à le suivre, tout de suite !”
En effet, une fois le passage ouvert, Fumseck avait
repris son envol et s’était engouffré dans l’ouverture. Après un bref moment
d’hésitation, les trois élèves le suivirent. Le mur se referma derrière eux. Un
petit escalier dérobé s’étendait devant eux.
Après avoir parcourus les marches suintantes, ils
débouchèrent dans ce qui semblait être un sous-sol secret.
“- Whoua ! Les créateurs de ce manoir étaient plutôt
macabres ! s’exclama Ron. Construire des cachots dans un manoir...!
- Oui ! C’est
sinistre !”
Un long couloir aux murs, suintants, de pierre,
s’étendait devant eux. Les torches accrochées aux parois projetaient une lueur
hésitante. Le couloir paraissait désert. Plusieurs autres couloirs s’ouvraient
autour d’eux.
“- Comment on va faire pour les retrouver dans ce dédale
? s’inquiéta Ron.
- Toujours aussi
pessimiste ! le taquina Harry. Laissons Fumseck nous guider !”
En effet, Fumseck, sans aucune hésitation, les emmena
dans une succession de couloirs aussi déserts les uns que les autres.
“- Vous ne trouvez pas ça bizarre qu’on n’ait pas
rencontré un seul gardien jusqu’ici ? remarqua soudain Harry, alors qu’ils
suivaient Fumseck.
- C’est vrai ! Vu
la valeur des prisonniers, Vous-Savez-Qui ne les laisserait certainement pas
sans surveillance ! approuva Ron.
- A moins que...!
- A moins que
Voldemort ne soit à Poudlard ! s’exclama Harry.
- Il faut qu’on
se dépêche ! lança alors Laurent.
- Pourquoi ?
- Réfléchissez,
tous les deux ! Si Voldemort... !
- Tu-Sais-Qui !
rétorqua Ron.
- Ron, c’est pas
le moment de revenir à ce vieux débat ! répliqua Harry.
- Si Voldemort a lancé
une offensive à Poudlard, c’est pour s’en prendre à Harry ! Par conséquent, il
le fera chercher dans toute l’école et donc, quand il découvrira que Harry
n’est plus à Poudlard...!
- Il reviendra
ici, et encore plus rageur ! C’est ça ? supposa Harry.
- Sûrement !
C’est pour ça qu’on doit se dépêcher !”
Suivant toujours Fumseck, les trois adolescents
atteignirent enfin une porte en chêne verrouillée.
“Alohomora !” répéta Harry.
Cette fois, rien ne se produisit.
“Hum ! Sûrement un quelconque sortilège de Magie Noire !
marmonna Laurent. Bon, je vais essayer quelque chose !”
Il s’approcha de la porte et murmura une formule que Ron
et Harry ne connaissaient pas. A leur plus grande surprise, la porte s’ouvrit.
“- Génial ! s’exclama Ron. Comment t’as fait ça ?
- Il ne rivalise
pas avec Hermione pour rien ! remarqua Harry en souriant.
- C’est un truc
que vous verrez en septième année !
- En septième
année ? s’étonna Harry. Et comment tu sais ça alors ?
- Je... me cultive,
c’est tout !”
Harry remarqua néanmoins que le ton de Laurent était
hésitant. Mais il jugea que le moment était mal venu pour ça. Fumseck
s’engouffra dans la pièce.
“- Fumseck ? Mais qu’est-ce que...!
- Professeur !”
s’exclamèrent les trois adolescents en pénétrant dans la petite pièce.
En effet, Fumseck les avait bien mené au professeur
Dumbledore qui semblait plutôt surpris de les voir là.
“- Mais qu’est-ce que vous faites là, tous les trois ? Ce
n’est pas très prudent ! Surtout que Voldemort...!
- Il n’est pas
ici ! annonça Harry. Voldemort et ses partisans sont à Poudlard !
- Mais ils
peuvent revenir d’un moment à l’autre ! ajouta Laurent.
- Maintenant, il
faut retrouver les autres ! intervint Ron.
- Ils ne sont pas
ici !
- Hein ?
s’exclamèrent, en chœur les trois adolescents.
- Mais ils sont
où, alors ? demanda Harry.
- Voldemort
voulait les emmener avec lui, lorsqu’il attaquerait Poudlard, afin de faire
pression sur toi, Harry !
- Oh non ! C’est pas
vrai ! Comment on va faire ?
- Avant tout, je ne sais pas comment vous
avez fait pour arriver ici, mais ce n’est pas le moment de vous le demander, on
n’a pas le temps ! Je vais vous ramener à Poudlard et là, je trouverai le moyen
de libérer les otages de Voldemort ! Il faut qu’on parte d’ici, avant son
retour !”
Chapitre précédent Chapitre suivant
Aller au Chapitre : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21,
22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41